Nos âmes

J’aimerais, mais l’amour est injuste et sans détour,
Quand la fin n’est qu’un pas, le vide n’est qu’un retour.
Le destin n’est qu’un choix qui ne sera pas le mien,
Vos mains sont faites de soie, vos larmes sont faites de grain.

Les étoiles sont de vous et mes yeux sont pour vous,
De ces piètres toiles je dessine notre idéal,
La corde au cou, si elle n’est pas déjà tendue,
Ce sont vos jambes qui sont prises sans m’avoir attendu.

Dans votre quête de sens, c’est le ciel qui se dépeint,
Certains y voient le beau, d’autres y voient le chagrin,
Dans vos mots je cherche ce qui n’est pas à entendre,
C’est l’amour ou la haine, vous ne voulez m’apprendre.

Alors j’écrirai vos mots pour les oublier,
Et j’écouterai vos yeux pour les regarder,
J’imaginerai les si qui dessinent mes jours,
J’abandonnerai les larmes qui dessinent mes joues.

Les Amants, René Magritte, 1928